SIMPLICITÉ ÉCONOMIE ÉCOLOGIE

8 juillet 2021

« Au final, l’énergie issue du bois, c’est pire que le fioul, non ? » … Vulgarisation des enjeux autour d’une filière bois énergie malcomprise

Faut-il se chauffer au fioul, au gaz ou au bois ?

La question est complexe et la réponse forcément nuancée. Assommé d’informations qui présentent tout et son contraire, on essaye de faire le tri pour vous !

Je vous propose d’aborder la problématique selon les principaux prismes en jeu : les filières d’approvisionnement, les enjeux géopolitiques, l’impact environnemental et les incidences financières.

1.     « C’est vrai qu’on participe à la déforestation avec la filière bois énergie ? » – « Le bois, le gaz et le pétrole que l’on brûle, ils viennent d’où en fait ? »

Chaque minute, l’équivalent de 10 terrains de foot de forêt primaire disparait sur la planète. Les causes en sont variées et l’utilisation de ce bois dans les installations énergétiques française est globalement marginal. Pourtant, on pourrait facilement faire l’amalgame.

Mais d’où viens donc le bois que les centrales thermiques consomment ? Pour ce qui est des centrales thermiques en France, ce bois est Français ! Et oui, 30% de notre territoire est couvert par des arbres. Avec une surface de presque 17 millions d’hectares, le parc forestier français est abondant et les prélèvements de bois, tous usages confondus, sont largement inférieurs à l’accroissement naturel des forêts puisque seulement 50% de cet accroissement est prélevé annuellement. Dit autrement, la forêt continue de croître en France !

Il faut également bien comprendre que le combustible bois prélevé pour nos chaufferies vient de la partie non noble de l’arbre (branches, écorces, « déchets forestiers »). Il s’agit donc là d’une réelle valorisation des déchets de l’arbre, qui ne vient pas concurrencer les industries du bois d’œuvre utilisant, quant à elles, le tronc de l’arbre.

Le bois énergie est donc une ressource DISPONIBLE en France. Attention, disponible ne signifie pas illimité et il faut bien comprendre que le mix énergétique de demain ne se réduira pas à la filiale bois-énergie.

Cela dit, l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie) estime en 2016 dans son guide technique « Production de chaleur […] et si vous passiez à la biomasse ? » que l’exploitation forestière annuelle pourrait augmenter de 30% sans impacter durablement cette ressource.

Attention toutefois aux dérives de certains gros industriels qui, de par leur taille, s’affranchissent de certaines « green-rules » et courent s’approvisionner à des milliers de kilomètres de la France. Ce faisant, elles affectent l’image de tout un secteur qui vise par essence le circuit court et font le jeu des détracteurs de la biomasse.

Le bois énergie est donc bien une ressource renouvelable, à condition qu’il soit prélevé localement et en quantité raisonnée.

A titre d’exemple, l’entreprise WEYA, qui intervient dans la conception, réalisation et exploitation de chaufferies biomasse en France, étudie systématiquement en amont du projet, les différents gisements présents dans les environs. Cela permet de respecter l’engagement d’un approvisionnement dans un rayon inférieur à 100 kilomètres par rapport à la future chaufferie biomasse.

·       Qu’en est-il de l’origine du gaz ou du fioul alors ?

A priori : pas de France ! Le gaz et le fioul français proviennent principalement de Russie ou des Pays du Maghreb. Sans être spécialiste de la question, on comprend que cela soulève des questions de dépendance vis-à-vis de certains pays et nous confrontent à des enjeux géopolitiques majeures. Dans le contexte du COVID où l’on a touché du doigt la question de la dépendance à la Chine pour des denrées de première nécessité, on peut au minimum se questionner sur notre dépendance énergétique…

En résumé pour la filière d’appro : énergies fossiles 0 – bois 1

2. L’intégration à l’économie locale, une filière  « made in France »

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La naissance et l’exploitation d’une chaufferie bois se structurent autour d’emplois locaux et de circuits-courts entre sites d’exploitation, de fabrication et de consommation. On parle de 26 700 emplois directs et indirects dans la filière bois-énergie en 2019 selon le Syndicat de Energies Renouvelables.

Que ce soit pour la production de granulés ou pour la mise en place des installations produisant de la chaleur à partir de biomasse, l’ensemble de la filière est intégré au territoire où elle crée de la valeur et des emplois.

Produire par exemple des granulés de bois en Auvergne implique de la sylviculture en Auvergne, des scieries en Auvergne, des transporteurs en Auvergne, une usine de transformation en Auvergne, de nouveau des transporteurs en Auvergne et des consommateurs en Auvergne ! On est globalement sur une multitude d’acteurs de type PME qui participent à cette filière.

Je parle de l’Auvergne en connaissance de cause : chez EO2, société mère de WEYA et fabriquant/distributeur de granulés de bois, le bois vient exclusivement de la région Auvergne Rhône Alpes. Il est majoritairement issu de scieries dont on valorise les résidus de production.

Si l’on regarde du côté des énergies fossiles comme le gaz ou le fioul, on a sur le territoire français un peu de transformation et des distributeurs mais la création de valeur est globalement très concentrée dans les mains de quelques grands acteurs que nous connaissons tous.

On est sur deux modèles, deux visions de l’économie.

En résumé pour la partie intégration économique j’ai envie de dire : énergies fossiles 0 – bois 2

3. « Les émissions liées à la combustion du bois, c’est l’horreur non ? A Strasbourg, ils demandent l’arrêt des centrales au bois.»

Contrairement aux idées reçues, le bilan carbone du bois-énergie émis lors de sa combustion est neutre du fait de la gestion durable de nos forêts françaises.

En effet, le cycle entre la combustion dégageant du CO2 et le captage de ce CO2 par la croissance de la biomasse est court, de l’ordre de l’année : on parle de cycle fermé pour le bois.

A l’inverse, le fioul et le gaz naturel sont stockés sous terre et le carbone émis lors de sa combustion n’est pas réabsorbé ou il le sera après des millions d’années.

On parle d’énergies fossiles.

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A travers différentes études, l’ADEME et le GIEC ont donné les chiffres de l’impact carbone des trois combustibles évoqués dans cet article.

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Tableau comparatif des quantités de kg équivalent CO2 rejeté par kWh PCI pour les 3 combustibles

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Prenons maintenant l’exemple d’une copropriété d’une centaine de logements chauffés via une chaufferie collective fioul et qui souhaiterait étudier la possibilité d’une solution moins « grise ». Considérant en hypothèse de base qu’ils consomment aujourd’hui jusqu’à 85 000L de fioul par an, voici le bilan carbone des 3 solutions combustibles :

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Le bilan est incontestable : le bilan carbone de la solution biomasse (granulé dans ce cas) est largement inférieur à celui des énergies fossiles !

Les combustibles ne rejettent cependant (et malheureusement) pas que du C02. Ils sont accompagnés d’autres rejets comme les particules fines. Ces
fameuses particules fines tant décriées dans l’industrie automobile (#Diesel).

Il faut bien comprendre que dans le cas d’une chaufferie biomasse collective, la règlementation en matière de rejets de polluants est drastique et impose l’installation de divers filtres sur le cheminement des fumées.

Alors oui la chaufferie biomasse collective émet des particules fines mais comparons ce qui est comparable :

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Pour une cheminée ouverte individuelle ancienne ou peu efficace, on parle de 1500 à 5000mg/Nm3 de particules fines

Pour une chaufferie collective et des foyers fermés et des systèmes de filtration hautement performants, on parle de 75mg/Nm3 max (la plupart du temps moins car le Plan de Protection de l’atmosphère est davantage restrictif).

Petit conseil donc : avant de critiquer les chaufferies biomasses collectives, commençons par changer les vieilles chaudières individuelles…

En conclusion :

–       Le bois, une énergie propre ? Définitivement OUI, pour des usages de production de chaleur collective et pour l’usage individuel avec des poêles labélisés Flamme verte (un label certifiant le respect d’un niveau de polluant très bas).

4. « Combien ça coute de se chauffer au bois ? »

Le débat BOIS VS FIOUL n’existe même pas, le bois-énergie est une ressource bien moins chère que le fioul.

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Si l’on s’intéresse uniquement à la partie combustible, le prix à payer pour sortir 1MWh de chaleur à partir de bois énergie (plaquettes forestières, granulés ou buches) est au moins deux fois plus faible que celui avec un combustible fioul (En 2021 : 5,5cts€TTC/kWh pour le granulé et 3,5cts€TTC/kWh pour la plaquette forestière contre environ 10cts€TTC/kWh pour le fioul). Et vu les courbes de tendance, cela ne risque pas de s’améliorer, au contraire…

Se tourner vers la biomasse, c’est donc anticiper, prendre une longueur d’avance sur les conséquences des variations des prix des énergies fossiles !

Bien évidemment, pour évaluer la facture énergétique d’un consommateur raccordé à une chaufferie biomasse collective, il ne faut pas seulement prendre en compte le coût du combustible bois.

La facture globale considère également les coûts d’entretien de l’installation ou encore l’amortissement du financement des travaux en chaufferie.

Rien de tel que des exemples du terrain pour illustrer mon propos !

Reprenons notre exemple précédent : la copropriété de 100 logements paie aujourd’hui une facture annuelle de 90 000€TTC comprenant la livraison de 85 000L de fioul et la maintenance de la chaufferie.

Première question, est-ce que cela vaut le coup de passer du fioul au gaz ou au granulé ? Pour ce type de copropriété, l’investissement travaux est d’environ 100k€TTC pour transformer la chaufferie fioul en chaufferie gaz et en considérant une rénovation complète de la chaufferie. Pour ce même projet, il faut compter entre 150 et 200k€TTC (selon les contraintes du site) pour passer sur une chaufferie bois.

Si on réalise un bilan global de l’opération, pour la même énergie produite, la facture annuelle intégrant le combustible gaz ou granulé et la maintenance de la chaufferie passerait à environ 50.000€ – 55.000€TTC. Prenant en compte l’investissement travaux, l’installation gaz sera payée en moins de 4 ans, l’installation bois en 7 ans. Pas de sujet, d’un point de vue purement économique, il faut fuir le fioul et au plus vite ! Vous perdez chaque année de l’argent à ne pas changer de combustible…

Seconde question : gaz ou bois ? D’un point de vue purement économique, le gaz est gagnant dans les petites puissances comme dans ce premier exemple, il restera moins cher que le bois.

Ce constat-là n’est pas toujours vrai ! Lorsqu’on parle d’installations éligibles au Fond Chaleur ADEME, c’est-à-dire avec une production minimum de 1200MWh/an d’énergie biomasse (l’équivalent d’une consommation moyenne de fioul de 150 000L/an), les subventions proposées donnent une nouvelle impulsion aux projets biomasses et permettent de réduire drastiquement l’investissement travaux. L’objectif de l’ADEME est de rendre compétitive la solution EnR pour tous les porteurs de projets d’amélioration énergétique.

Si l’on regarde les scénarios mis en avant par l’ADEME, certes le prix du bois augmente mais de manière nettement moins rapide que le gaz et sans grande fluctuation des prix.

N’hésitez pas à les solliciter pour vos projets !

Besoin de conclure ?

Malgré sa place déjà bien établie dans le mix énergétique français actuel, le bois-énergie souffre d’un manque de pédagogie et ne surfe pas sur le même effet de mode que d’autres énergies renouvelables pourtant moins présente en France (solaire, éolien).

Pourtant il s’agit d’UNE des solutions jugées indispensables par l’ADEME pour respecter les engagements français pris en faveur de la transition énergétique.

Que ce soit à travers des argumentaires environnementaux ou économiques, le bois-énergie a un bel avenir devant lui. A vous d’en décider si vous souhaitez y prendre part !

Thibaut ADAM

Directeur pôle travaux chez WEYA

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